Le Chant des Sirènes
La Mer Morte portait bien son nom. Ses eaux, d'un noir d'encre sous le ciel gris, ne reflétaient aucune lumière. Aucun poisson n'y nageait. Aucun oiseau ne la survolait. Morvena prit la barre dès qu'ils quittèrent le port, guidant leur navire vers une épave engloutie — le temple de Sylphides, coulé lors du combat suprême.
Elyndra invoqua une bulle d'air. Ils plongèrent. La descente fut lente, silencieuse, oppressante. L'eau noire absorbait toute lumière. Des formes indistinctes glissaient dans l'obscurité. Le temple se dressait comme un fantôme — colonnes recouvertes d'algues noires, statues brisées, et une porte massive gravée d'une vague entrelacée avec un serpent.
À l'intérieur, le temple était intact mais profané. Le visage de Sylphides vandalisé du sceau de Shabakan. L'autel vide.
— La lame n'est pas là, dit Grundar, incrédule.
— Bien sûr qu'elle n'est pas là, résonna une voix derrière eux.
Des membres de la Force Rouge émergèrent des ombres. Vargath, leur chef, réclama le tribut d'Héréclès le Sanglant. Le combat fut brutal et sanglant. Puis Vargath entailla le bras de chaque guerrier — une cicatrice rouge en forme de serpent entrelacé avec un poignard, le sceau d'Héréclès.
— Je vous ai marqués. Héréclès le Sanglant vous observe maintenant. Où que vous alliez, quoi que vous fassiez, le dieu du sang saura. Et quand le moment viendra, il réclamera son dû.
Il jeta un parchemin noirci.
— La lame se trouve sur l'île de Whirr, dans les anciennes mines d'atíum. Les Tessariens des Ténèbres l'ont volée il y a un siècle.
Puis Vargath et ses assassins disparurent dans l'ombre, se dissolvant comme de la fumée.
— Nous sommes maudits, murmura Aelith en fixant la marque sur son bras. Nous portons le sceau du dieu du sang.